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Standard ouvert · version 0.3

La charte de l’économie attestée

Dix engagements vérifiables de l’extérieur. Noowow en est l’implémentation de référence ; le texte appartient à qui veut l’adopter.

  • Licence ouverte
  • Versionné, jamais réécrit
  • Adoption libre, sans permission
Avant-propos

Ce document ne déclare pas des valeurs

Il décrit des engagements vérifiables, et il s’engage sur leur tenue. Une économie, quelle qu’en soit la forme, produit, distribue et consomme de la valeur. Chacun de ses échanges porte un coût que l’on paie avant même de payer le prix : le coût de la confiance.

Les sociétés ont toujours payé ce coût à des tiers : notaires, greffiers, commissaires aux comptes. Leur travail est cher, et l’attestation est restée un produit de luxe. Ce qui change, c’est le coût : l’automatisation le fait tomber à presque rien par opération, et ce qui était réservé aux grandes affaires devient abordable à l’échelle de la vie ordinaire.

La différence avec une page de « valeurs d’entreprise » tient en une phrase : chaque engagement ci-dessous est falsifiable de l’extérieur. Il dit ce qu’une implémentation conforme rend observable, et comment n’importe qui peut le vérifier sans accès à quoi que ce soit d’interne.

Les définitions

Trois mots, et le standard se lit

La chaîne

Les rôles qui échangent de la valeur. Ce qui est requis : que chaque rôle produise ET reçoive de la valeur identifiable.

L’arbitre

Le tiers qui atteste. Il n’est pas dans la chaîne : il ne concourt pas, ne vote pas, ne classe pas. Il compte, scelle, garde l’argent, protège.

Un fait attesté

Une affirmation que l’arbitre a constatée lui-même, par opposition à une affirmation déclarée par un membre ou achetée par lui.

Les dix engagements

L’énoncé, puis ce qu’il rend observable

Chaque engagement suit le même format. La conformité est la seule matière que le standard juge.

  1. L'argent n'achète jamais la mesure

    Payer peut acheter de la portée, du soutien, de la visibilité, jamais du poids dans une mesure. Une contribution payée, offerte ou gratuite pèse exactement pareil dans tout ce que l'arbitre compte. Il n'existe aucun coefficient à vendre, à aucun prix, à personne.

    La conformité · La règle de comptage de chaque mesure est publiée, et la ventilation publique de ses sources permet à un tiers de vérifier qu'aucune source payée ne pèse plus qu'une autre.

  2. Un fait attesté ne se réécrit pas

    Ce que l'arbitre a attesté est horodaté et scellé. Personne, pas même le membre concerné, pas même l'arbitre : ne le réécrit. Corriger, c'est publier une version suivante, datée, l'ancienne restant lisible.

    La conformité · Chaque fait attesté publié porte sa date de scellement, consultable publiquement, des années après ; toute correction apparaît comme une nouvelle version datée.

  3. L'attention n'est pas l'inventaire

    L'arbitre ne vend jamais l'accès à l'attention de ses membres. Rien ne s'intercale entre eux et ce qu'ils sont venus chercher : aucun espace, aucun moment, aucun rang n'est à vendre au plus offrant. Un tiers qui paie n'apparaît qu'adossé à une contribution réelle qu'il finance, toujours nommé comme tel.

    La conformité · Les formes de présence financée sont énumérées publiquement, chacune rattachée à la contribution qui la justifie ; leur densité est bornée et annoncée ; chaque présence financée est désignée comme telle et répond à « pourquoi ceci m'est montré ».

  4. La réputation est un constat, jamais une note

    Ce que l'arbitre dit d'un membre est un fait attesté et daté, jamais un score d'opinion, jamais un rang qui s'achète, jamais une note déclarée.

    La conformité · Chaque élément de réputation publié énonce le fait qui le fonde et sa date ; aucun indice de confiance agrégé sur une personne nommée ; des frais éventuels couvrent une vérification, jamais son résultat.

  5. Chacun sait qui paie quoi

    La grille complète des flux est publique : qui paie, quoi, quand, et ce que chaque rôle ne paie jamais. Les prélèvements de l'arbitre se font à des moments nommés, jamais des frais découverts après coup.

    La conformité · La grille est un document public et daté ; un tiers peut reconstituer qui a payé quoi à partir des règles publiées.

  6. La confiance n'est jamais en option

    La protection des personnes : l'intégrité des mesures, la lutte contre la fraude, la protection des mineurs, le droit de récupérer son argent : est la même pour tous, quel que soit ce que chacun paie. Elle ne se vend pas, ne se négocie pas et ne se configure pas à la baisse ; un âge non déclaré est traité comme celui d'un mineur.

    La conformité · La liste de « ce qui n'est jamais payant ni négociable » est publiée ; sa tenue est observable par le membre qui paie le moins ; la règle de l'âge non déclaré est annoncée.

  7. La donnée sert la personne qui l'a produite

    Chaque donnée personnelle a une finalité annoncée avant d'être collectée ; le ciblage comportemental ne se vend pas ; ce qui influence ce qui est proposé à une personne est visible par elle et s'efface sur son geste ; l'effacement est réel et va jusqu'au bout ; et une visibilité ne s'élargit jamais toute seule : ni par un changement d'offre, ni par un impayé : élargir est un geste du propriétaire.

    La conformité · Les finalités sont publiées avant la collecte ; la personne dispose d'une vue de ce qui influence ce qui lui est proposé et d'un moyen de repartir de zéro ; l'effacement est offert et son périmètre est décrit ; la règle « une visibilité ne s'élargit jamais sans geste du propriétaire » est publiée et opposable.

  8. La machine propose, la personne décide

    Aucun système automatique, intelligence artificielle comprise : ne détient d'autorité sur une mesure, un paiement, une publication ou la marche du système. La machine analyse, rédige, propose ; un être humain identifiable décide.

    La conformité · Les contributions automatiques sont désignées comme telles ; toute action d'autorité porte un décideur humain identifiable ; cette politique est publiée.

  9. Qui parle au nom de l'arbitre l'engage

    Un arbitre qui laisse des intermédiaires vendre en son nom, revendeurs, affiliés, apporteurs d'affaires, partenaires : publie ce qu'ils ont le droit de promettre et ce qu'ils n'ont pas le droit de promettre, rend leur statut vérifiable par la personne démarchée, et le retire sur une promesse fausse constatée. Une promesse faite en son nom l'engage comme s'il l'avait faite.

    La conformité · La liste des promesses permises et interdites est un document public et daté. Le statut d'un intermédiaire se vérifie sans lui demander la permission, à partir d'un identifiant qu'il porte, et la vérification répond aussi clairement quand le statut a été retiré que quand il est valide. Elle ne divulgue jamais le motif d'un retrait.

  10. Chaque rôle repart avec quelque chose

    Pour chaque rôle de sa chaîne, l'adoptant publie ce que ce rôle apporte et ce qu'il reçoit : de la valeur identifiable, pas une promesse d'ambiance. Un rôle qui apporte sans recevoir n'est pas un rôle : c'est une ressource, et l'extraction de ressources n'est pas couverte par ce standard.

    La conformité · La carte de la chaîne est un document public : rôle par rôle, ce qui entre et ce qui sort, argent, attestations, audience, données, droits. N'importe quel membre peut y lire ce qui lui est dû au titre de son rôle, et vérifier qu'il le reçoit.

Ce que la charte ne dit pas

Et c’est voulu

Ces bornes protègent le standard autant que ceux qui l’adoptent.

Elle borne des interdits, pas des revenus

Tout modèle de revenu qui respecte les dix engagements est conforme, y compris ceux qui n’existent pas encore. La conformité se juge aux engagements, jamais à la ressemblance avec l’existant.

Elle juge ce qui s’observe, jamais ce qui se construit

Le standard ne demande à personne de révéler son architecture, ses outils ou ses procédés. Une implémentation prouve sa conformité par ses comportements publics ; son savoir-faire reste à elle.

Elle engage l’arbitrage, pas le contenu

Elle ne promet pas que chaque publication est vraie ni que chaque membre est honnête. Elle promet que l’arbitrage, lui, l’est.

Elle ne prétend pas être la première idée de ce genre

Donner les outils à la communauté est un idéal ancien et partagé. Ce que ce standard apporte est une forme vérifiable, pas une intention nouvelle.

L’amendement

Une version publiée ne se réécrit jamais

Amender, c’est publier la version suivante, datée, avec ses changements nommés. Toute version reste lisible, pour toujours.

Retirer un des dix engagements exige une version majeure : le nom du standard suivi de son numéro dit toujours exactement ce qu’on adopte.

Tant qu’il n’a pas d’organe indépendant, l’éditeur est l’implémentation de référence, et cette responsabilité est écrite ici, à découvert.

Adopter le standard

Sans permission, et sans rien révéler

Le texte est libre : reprendre, traduire, prolonger.

Se dire conforme exige de publier, pour chacun des dix engagements, le comportement observable et sa vérification externe. Jamais l’architecture interne.

Le nom du standard est réservé aux implémentations qui publient cette déclaration complète.

Noowow est la première implémentation conforme

Le profil compétition applique ces dix invariants à un domaine. C’est lui que nos décisions mettent en œuvre, jamais ce document directement.